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Extrait du premier chapitre d'introduction :
"Nous
pouvons
dire que la médecine chinoise remonte à 2500 ans, bien
qu’en réalité et nous en reparlerons plus tard, cette
médecine remonte au Yi Jing, 易经 qui
lui, a été écrit il y à plus de 5000 ans.
L’enseignement
de cette médecine était avant tout un enseignement
oral. Il nous reste, à l’heure actuelle, quelques pièces
de ce grand puzzle que de grands maîtres, comme le professeur Leung
kok Yuen ont cherché à
reconstituer pour
la postérité.
Le
professeur Leung Kok Yuen est né en Chine en 1922.
Issu de 13
générations de médecins de père en fils,
il fait partie des plus grands maîtres actuels de médecine
traditionnelle chinoise encore en vie. Il détient le titre de
"Shih i"
attribué aux médecins chinois dont la famille
perpétue
une tradition médicale depuis plusieurs
générations.
Il
commence l'étude de la
Médecine Traditionnelle à l'âge de 5 ans en
accompagnant son père dans ses longues tournées de
soins chez l'habitant, au sud de Canton. Durant ces randonnées,
il apprend par cœur des comptines et des chansons dans lesquelles
sont placées les clés de la médecine
traditionnelle chinoise (méthode mnémotechnique
très
efficace : étudier en s'amusant...). Plus tard, son père
lui explique ce que ces chansons et comptines signifient en termes
médicaux.
Il a
pu observer toutes les
pratiques que son père utilisait et la façon d'aborder
le malade et la maladie. Lorsqu'il devint majeur, il fut dirigé
vers un autre maître pour parfaire son éducation
médicale.
En
1970, il immigre au Canada et
fonde le North American College of Acupuncture à Vancouver. De
là et grâce entre autre à l’Université
Européenne de médecine traditionnelle chinoise il a
transmis son savoir à ses élèves occidentaux,
dont j’ai eu la chance de faire partie.
Son
œuvre
pédagogique est considérée de loin comme la plus
complète. Acupuncture, pharmacopée,
psychothérapie,
massage, médecine préventive, Qi Gong, sont autant de
disciplines que ses élèves ont travaillées et
approfondies.
Le
professeur Leung Kok Yuen
disait lui-même que ce savoir était universel, qu’il
n’était que la courroie de transmission d’un savoir
remontant à des millénaires.
Je
vais essayer dans ces
différents cours de ne pas déformer son enseignement
qui, je vous le rappelle, n’a jamais fait l’objet d’aucun livre
puisqu’il s’agissait d’un
vrai enseignement oral, dans la plus pure tradition des grands
maîtres de médecine chinoise.
Le
présent
texte ne se substitue aucunement aux différents enseignements
proposés dans les différentes écoles de
médecine
chinoise. C’est non seulement un complément qui permet
l’approfondissement de nombreux points obscurs. Mais le profane
pourra aussi trouver matière à encore mieux comprendre
le fonctionnement de son corps. Il pourra ainsi en devenir un
spectateur privilégié, ne plus avoir peur des
symptômes
signaux d’alarme que son organisme pourra émettre, et
surtout savoir ce qu’il faudra mettre en œuvre pour redonner au
corps la capacité de s’auto guérir.
Tout
le travail
de notre maître aura consisté à se
référer
aux textes fondateurs de la médecine chinoise, de les
expliquer pas en pas en n’hésitant pas à corriger
des erreurs de copiste lorsque celles-ci risquaient de
déboucher
sur des contre sens flagrants.
Un de ces
grands textes est le Huangdi Neijing, 黄帝内经.
Le Huangdi Neijing, 黄帝内经,
ou «Classique de la médecine interne» est
attribué à l’empereur Jaune (Huang,
黄 voulant
dire jaune).
C’est
le plus ancien manuel de
médecine chinoise qui a servi de base théorique à
tous les développements ultérieurs de la médecine
chinoise. Il remonte donc à plus de 2500 ans.
Depuis
le IIème
siècle, on a l’habitude de rajouter au titre original de cet
ouvrage les deux caractères dont la transcription en Pi Ying
est le Su Wen, 素問 .
L’ouvrage
se
présente sous forme d’un dialogue entre l’empereur Jaune
et son ministre Qi Bo.
Le premier pose généralement des questions et le second
émet des réponses qui sont en réalité de
longs développements. La cosmologie, la philosophie, la morale
sont abordées en relation avec la médecine chinoise.
Nous
allons
voir que les développements théoriques issus de ces
écrits et élaborés sous les HAN
reposent sur la théorie du Yin,
阴 et
du Yang, 阳,
les deux éléments antithétiques connus de tous,
et la fameuse théorie des cinq éléments et les
éléments numériques qui leur correspondent. Nous
y reviendrons longuement bien sûr.
Mais
je voudrais juste vous faire
une mise en garde pour ceux qui voudraient étudier la
médecine
chinoise uniquement au travers de ce livre, le Nei
Jing, 黄
帝内经 et ses
dérivés.
Des
générations
de copistes ont introduit par inadvertance des erreurs dans la
retranscription de ces textes. Or, il faut savoir que nous avons
affaire là, à un texte déjà très
complexe et très touffu. Un condensé servant de base
à tout un enseignement oral. À partir de lui, dans
le passé, on a pu faire de nombreuses interprétations,
d’où ont découlé de nombreuses écoles.
Plus
récemment, bon nombre
d’occidentaux, se calquant mot à mot au texte, ont
élaboré
des théories plus ou moins erronées, s’éloignant
des enseignements traditionnels. Je pense à certaines
théories
sur l’acupuncture ou la chronobiologie par exemple, qui se
contredisent d’un auteur à l’autre.
Mais,
philosophie confucéenne aidant, et par respect vis-à-vis
des ancêtres, ces erreurs n’ont jamais été
corrigées sur le papier. Mais tous les grands maîtres
de médecine chinoise se faisaient un devoir de les corriger de
manière orale, vis à vis de ces élèves.
C’est entre autre tout ce travail que nous a
légué
notre maître le professeur Leung Kok Yuen.
Une
des dérives
de l’acupuncture moderne est de s’être éloignée
de ces enseignements traditionnels, entre autre ceux que l’on
trouve dans le Nei Jing, 黄帝内经.
Qu’elle
soit pratiquée
avec des appareils électriques ou des aiguilles sous
cutanées
comme la mésothérapie, qui n’est rien d’autre
qu’une acupuncture déguisée, que ce soit une
acupuncture faciale comme l’auriculothérapie, nous avons la
plupart du temps à faire à des traitements
antidouleurs, esthétiques ou de confort. Mais, en fin de
compte, nous n’arrivons qu’à des résultats
temporaires, n’ayant pas traité la cause de la maladie. Il
suffit pour s’en convaincre de lire les traités modernes
d’acupuncture. Il ne s’agit que de livres de recettes, sous tendu
par aucun diagnostic traditionnel.
Nous
reviendrons plus tard sur la douleur, mais n’oubliez pas la chose
suivante. Une douleur est un signal d’alarme que le corps met
à
notre disposition pour que nous puissions prendre conscience qu’un
déséquilibre est entrain de se produire. Si nous
faisons disparaitre cette douleur avec un comprimé d’aspirine
ou même des aiguilles d’acupuncture, nous n’aurons traité
que la cime de la maladie, et non les causes profondes.
Perdant
alors ce signal d’alarme,
le dérèglement ne pourra que s’aggraver en interne,
devenant alors beaucoup plus difficile à traiter.
L’acupuncture
traditionnelle,
elle, s’inspire des enseignements du Nei
Jing, 黄
帝内经.
Elle va obéir à des règles bien précises. Très
peu d’aiguilles seront alors
utilisées.
Ne dit-on pas qu’une seule aiguille peut servir à traiter un
patient si le bon diagnostic a été fait, et le
traitement parfaitement ciblé. On considère
d’ailleurs qu’en moyenne cinq à sept aiguilles suffisent
amplement pour un traitement classique.
Commençons
donc par des
généralités concernant le fonctionnement du
corps humain et des maladies qui peuvent apparaître.
Globalement,
on considère
que les maladies de l’homme peuvent être provoquées
par des facteurs dits internes ou des facteurs externes.
L’énergie
originelle de l’homme a pour fonction l’adaptation. Si cette
énergie est suffisante, si l’organisme est en bon état,
le corps est alors largement capable de faire face ou à ces
agresseurs, ou à ces déséquilibres internes. Si
vous prenez par exemple une boisson trop froide, l’énergie
de votre rate doit être capable de protéger l’interne.
De même, si cette même boisson est trop chaude, elle doit
être capable de la refroidir.
Par
contre, si le corps perd cette
capacité de s’auto guérir, de s’auto réguler,
de s’adapter, la maladie apparaitra alors. Des signes, des
symptômes vont apparaitre. Il est donc important, comme nous le
disions plus haut, de ne pas faire disparaître d’emblé
ces symptômes, car ils sont en réalité le miroir,
le révélateur de ce qui se passe à
l’intérieur
du corps.
Par
différentes méthodes
que nous verrons, il faudra déterminer ce qui a provoqué
l’apparition de ce symptôme, quel en est son origine, pour en
traiter la cause. Les symptômes ensuite disparaitront d’eux
même.
Si
on ne se contente pas de faire
disparaître ces signaux d’alarme et que le
déséquilibre
interne est toujours présent, il risque alors d’augmenter en
durée et en intensité, ou de réapparaitre de
plus en plus fréquemment.
Le
médecin
chinois, pour diagnostiquer les causes profondes d’une maladie ou
d’un déséquilibre quel qu’il soit devra avoir une
véritable démarche de détective. Il devra non
seulement faire preuve d’une extrême rationalité, mais
aussi d’une bonne dose d’intuition qu’il se sera forgé
sur le tas à force d’être au contact de ses patients.
Les
points essentiels que nous
allons voir dans la suite de ce cours vont être l’étude:
*
des huit
règles, les Ba Gang, 八 纲,
*
la théorie
du Yin 阴 Yang 阳,
et
*
la théorie
des cinq éléments, des cinq mouvements, Wu
Xing, 五行 avec
leurs différentes interactions. ,
Il
faudra
comprendre chaque donnée, y réfléchir, les
approfondir. Si l’on veut s’occuper de patients dans l’avenir,
ou tout simplement s’occuper de soi même, il est très
important de savoir comment fonctionne son propre corps et comment
faire circuler sa propre énergie "
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