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Avec le premier
coffret, non seulement nous avons abordé les bases
théoriques de la
médecine traditionnelle chinoise, mais nous avons aussi
tenté de
donner les véritables définitions de la terminologie
chinoise
telles qu'on les retrouve dans le Nei Jing.

Huang
Di,
l’Empereur Jaune est le fondateur mythique des rites et de la
médecine. On lui attribue la rédaction du Nei
Jing
(Huang
Di Nei Jing 黃帝內經 ou Classique
de la Tradition ésotérique de l’Empereur Jaune)
qui traversera les siècles.
Les
plus anciens
fragments du Nei
Jing Su Wen remontent
aux Ve IIIe siècles
avant Jésus-Christ, et ils semblent avoir été
divisés en deux
vers la fin de cette période, sous les Qin :
-
le
Su Wen (素問) « Simples Questions » en 9
chapitres, présentés sous forme de discussion entre
l’empereur Huang Di et son conseiller Qi Bo 岐伯, discutant essentiellement de théorie.
-
le
Ling Shu (靈樞) « Pivot Spirituel », en 9
chapitres également, axé sur la pratique.

Nous allons, dans
le présent coffret, aborder une étude passionnante
à plus d'un
titre, à savoir les "méthodes
de diagnostic en médecine traditionnelle chinoise".
Dans le chapitre 5
du Su
Wen,
il est dit : "Celui
qui a l'expérience dans l'établissement d'un diagnostic,
lorsqu'il
observe les couleurs et qu'il palpe les pouls, distingue d'abord le Yin et
le Yang,
sépare le pur et l'impur et ainsi reconnaît le lieu de la
maladie.
Il note l'état de la respiration, écoute les sons et le
timbre de
la voix et connaît l'amertume du patient. De l'état de
l'ordre et
de l'équilibre des pouls, il connaît l'organe responsable
de
l'affection. Il palpe le pouls radial et regarde s'il est superficiel
ou profond, lisse ou rugueux et il connaît la cause de la
maladie.
En faisant ainsi, il ne fera pas de traitements erronés et son
jugement ne sera pas mauvais."
Nous verrons qu'il y
a quatre méthodes, à savoir :
- L'observation
-
L'auscultation
-
La
palpation
-
Et
l'interrogation.
Donc, grâce à ces
méthodes diagnostiques qui se sont développées sur
des milliers
d'années, et qui sont le fruit de l'expérience de
générations de
médecins, nous allons collecter toute une série de
renseignements
très précieux qui nous permettront, non seulement de
faire un état
des lieux très précis, mais aussi de comprendre comment
se sont
crées tels ou tels types de pathologie et d'établir un
tableau
pronostique afin de prendre les mesures thérapeutiques et
préventives qui cadreront le mieux avec notre patient.
N'oublions pas
qu'en médecine chinoise il
y a autant de maladies que de patients, et quand nous traitons un
patient, nous ne le guérissons pas de sa maladie, mais nous
redonnons au corps la capacité de s'auto-guérir.
I
- Introduction
Avant de faire une
étude exhaustive de ces quatre méthodes, nous allons
devoir
examiner plus en détail la théorie concernant les causes
des
maladies.
Nous disions donc
que la maladie était un phénomène complexe. Quand
nous nous
trouvons par exemple devant une hypertension artérielle ou un
symptôme de mal de tête, on ne s'en arrête pas
là et on doit
déterminer la nature
ainsi que les causes
de cette pathologie.
En occident, ou
tout au moins dans la médecine moderne, dans le cas d'une toux
par
exemple, on pensera d'abord à une pathologie liée aux
poumons. On
s'interrogera sur les causes liées aux poumons qui ont pu
provoquer
cette toux.
Mais selon la
médecine chinoise, nous n'aurons fait qu'un diagnostic partiel.
Les
causes d'une pathologie sont beaucoup plus complexes et cette toux
pourra par exemple provenir d'une insuffisance du Yin des reins ou
d'un dérèglement de l'énergie du foie.
Au regard de cet
exemple et si nous devions faire une comparaison des deux
médecines,
on pourrait dire que la médecine occidentale est bâtie sur
un
modèle mécaniste. Chaque organe est un rouage du corps
humain. Si
l'un des organes tombe en panne, il suffira de le réparer pour
que
toute la machine retrouve son fonctionnement normal. Aussi aura-t-on
tendance à soigner plus souvent l'effet, le symptôme que
la cause.
En médecine
chinoise au contraire, l'accent est mis sur l'interdépendance
de tous les organes.
Chaque maladie est interprétée comme un symptôme
particulier, mais
aussi comme le signe d'un déséquilibre plus
général. À travers
un diagnostic très élaboré, puis un traitement
adéquat, la
médecine chinoise visera avant tout à appréhender l'équilibre
psychologique et physiologique global du corps humain.
Prenons encore un
exemple pour bien comprendre ces différences. On peut
considérer
par exemple les nombreux symptômes qui peuvent conduire à
diagnostiquer une sclérose en plaques. Il peut y avoir paralysie
avec ou sans spasme, avec ou sans douleur, avec ou sans aphonie, avec
ou sans perte de contrôle urinaire, etc..
En médecine
chinoise, chacun de ces états demande une approche
différente et
concrètement représente autant de maladies
différentes. Les
traitements seront aussi différents. Un de ces états sera
par
exemple traité en fortifiant le Foie et le Cœur ; un autre
sera traité en améliorant la fonction rénale. Il
y a en réalité cent cas différents de
sclérose en plaques qui
correspondent à cent traitements différents.
Il va donc falloir
approfondir ce que l'on entend par "causes des maladies" en
médecine chinoise.
On en distingue
globalement deux :
Les causes externes
signifient qu'il y a une lutte qui oppose un attaquant, ce que l'on
appelle l'Énergie
Perverse, Xie
Qi
et l'Énergie
de défense,
l'énergie droite du corps encore appelé Zhen
Qi,
la force qui permet de résister aux maladies. Zhen
Qi
est une partie de ce que l'on appelle défenses immunitaires en
médecine moderne.
Toutes les énergies
externes comme le Vent, le Froid, L'Humidité, la
Sécheresse, la
Chaleur, le Feu mais aussi le Tan, les facteurs alimentaires ou
respiratoires néfastes, les coagulations sanguines qui
provoquent
des caillots, tout cela constitue ce que l'on appelle "énergie
perverse".
Il faut bien
comprendre ce que l'on entend par attaque externe en médecine
chinoise. Il s'agit d'un véritable champ de bataille. Les deux
combattants sont donc l'énergie perverse et l'énergie
droite. Les
preuves matérielles de cette bataille, l'objectivation d'une
telle
lutte seront justement les symptômes que présentera le
patient.
Mais indépendamment
des causes externes, le corps lui-même peut générer
des maladies.
En particulier s'il y a un déséquilibre dans l'organisme.
Vous savez qu'il
existe deux forces dans le corps encore appelées Yin
et Yang.
C'est l'un des principes essentiels qui sous-tend la médecine
orientale.
La médecine
occidentale a tendance à considérer la maladie comme le
résultat
d'un déséquilibre des propriétés chimiques
du corps. Ce
déséquilibre sera causé par des bactéries,
des virus, des
microbes, etc. La médecine chinoise reconnaît
évidemment
l'existence de ces bactéries, virus et autres, mais elle
considère cependant de tels phénomènes comme des
effets et non de
véritables causes.
Les
conceptions orientales s'appuient sur les notions d'énergie et
de
force.
C'est la force de l'énergie qui est à l'origine des
transformations
physiques et chimiques. C'est pourquoi la méthode orientale se
fonde
sur le principe du Yin et
du Yang.
Yin
et Yang
sont simplement une énergie ou une force qui a une
polarité
négative ou positive. Ces deux polarités sont
nécessaires pour
obtenir un équilibre. Cette
énergie bipolaire circule dans tout le corps et nourrit chaque
cellule.
Pour mieux
comprendre cela, on peut prendre l'exemple d'un aimant : il a deux
extrémités pour pouvoir, par leur équilibre,
remplir sa fonction.
Dans la vie, tout
paraît basé sur ce principe "positif
négatif ".
Toute chose a son opposé, son contraire. Le jour appelle la
nuit, le
chaud le froid, le mâle et la femelle, le sommet et la base, la
droite et la gauche, le oui et le non, la vitesse et la lenteur.
Comme on peut voir
le Yin
et aussi important que le Yang
et leur équilibre dépendent de leur rapport mutuel.

Donc, ces deux
forces cohabitent dans notre corps et fluctuent alternativement.
Tantôt c'est le Yang
qui augmente, tantôt le Yin.
Quand le Yang
augmente, le Yin
diminue, mais quand le Yin
augmente, le Yang
diminue. Ce
mouvement de fluctuation alternatif permet la circulation de
l'énergie dans tout le corps.
L'équilibre entre
ces deux forces est le véritable facteur dont dépend la
santé.
S'il y a une perturbation dans ce mouvement de flux et de reflux de
ces deux forces, par exemple si l'augmentation de l'une de ces forces
ou la diminution de l'autre est excessive, si l'équilibre entre
les
deux est rompu, cela peut être alors la cause d'une maladie, et
dans
ce cas on dira que la maladie est interne.
Donc, sans qu'il y
ait obligatoirement l'attaque d'une énergie perverse externe,
l'interne dans le corps peut produire des maladies.
Mais
ce qui peut aussi se produire couramment, c'est qu'un
déséquilibre
interne autorise, permette l'attaque d'un agent externe.
En d'autres termes, un agent externe ne peut pénétrer
dans
l'organisme et déclencher une guerre que si au préalable
l'interne
et déséquilibré ou déficient. Ceci est
fondamental à comprendre
quand nous parlerons de la grippe.
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